La Pratique, c'est nous !

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Il y a quelques années de cela, un praticien de Shiatsu à La Rochelle me faisait remarquer :

« oui, notre pratique est essentielle pour nous aider à apporter des améliorations à notre vie, notre santé,
mais la limite de son efficacité tient au fait que la pratique c’est nous ».

Depuis lors, cette phrase n’en finit pas de m’interpeller très concrètement dans ma pratique.


La pratique, c’est nous... elle est donc comme nous ! Elle présente les mêmes caractéristiques, « qualités/défauts ». Essayez donc d’améliorer vos défauts en vous servant d’eux, ou autrement dit par exemple, de ne pas marteler en vous servant d’un marteau ! Pour cela il faut donc commencer par connaître ses propres caractéristiques et les reconnaître à l’œuvre.

Discernement : tout un programme en soi !


Commencer est un terme approximatif car il n’y a ni début ni fin dans une telle pratique inscrite dans un processus non linéaire, bien que chronologique. Vous commencez à une date et pratiquez pendant une succession chronologique de jours, mois, années, d’accord. Mais dans ce temps-là, vous passez et repassez en quelque sorte encore et encore par les mêmes étapes qui se différencient pourtant l’une de l’autre à chaque nouveau passage, parce que vous les vivez à des niveaux de compréhension, perception, conscience… différents.


La pratique nous apprend elle-même à reconnaître nos « qualités/défauts ». Précisément, les effets de la pratique sont des indicateurs très utiles à ce niveau. Sont-ils durables ou éphémères, superficiels ou profonds, toujours de même nature ou dissemblables ? Quelle qualité, quel renouvellement apportent-ils à notre quotidien ?

 

Autant dire qu’au début - tout est relatif, les débuts peuvent durer longtemps, voire très longtemps, d’où la consigne la plus classique qui invite à "pratiquer tel un débutant" même après de nombreuses années d’entrainement -  nous y allons complètement à l’aveuglette. D’où l’importance du dosage : pratiquer avec modération (durée, fréquence, intensité des séances d’entrainement).


En effet si votre tempérament est du genre excessif, votre pratique aura la même tendance. Il vous sera facile de dépasser vos propres limites. Ce qui peut exciter au lieu de tonifier, raidir au lieu d’assouplir, fatiguer plutôt que dynamiser, affaiblir plutôt que de renforcer.

Si vous avez tendance à attacher de l’importance (trop) aux détails, votre pratique fera de même. Focalisée sur ce qui vous attire l’œil, elle aura tendance à isoler ces aspects du tableau d’ensemble de votre organisme/être, ce qui les fera encore plus ressortir, et cela peut durer longtemps. Ainsi un léger trouble d’angoisse pourra en fait s’intensifier, ce qui est très certainement le contraire du résultat espéré et visé.

Enfin et je m’arrêterai là pour cette fois, le sens de la quête peut aussi nous faire passer à côté des cadeaux offerts par l’entrainement. Il convient de pouvoir pratiquer avec motivation et intérêt tout en modérant le plus possible son appétit de résultats. Eviter de s’enfermer soi-même dans la poursuite d’objectifs trop précis, voire idéalisés. Au contraire présenter une qualité de réceptivité, d’ouverture telles que tous les sens soient disponibles pour percevoir la réalité de ce qui se joue en nous pendant la pratique.

 

A mon sens et à mon humble niveau, ce qui précède vaut pour une pratique personnelle de « gymnastique santé » Tai Chi, Yoga, Stretching ou autres, comme pour une pratique d’automassage Do-In, et à plus forte raison pour une pratique professionnelle telle que celle du praticien de Shiatsu.

Et j’espère que cela peut vous donner quelques éléments utiles à votre démarche de santé, de bien-être ou de mieux-être.

 

Muret, Janvier 2010

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