Makkho-Ho / Etirer les Méridiens

Retour articles et videos : cliquez ici


Un commentaire de Masunaga, fondateur du style Zen-Shiatsu, a longtemps tourné encore et encore dans ma tête.

Concernant la pratique des Makkho-Ho, nom japonais des étirements de méridiens, il nous dit :

« A l’expiration relâcher le Ki ; à l’inspiration, le Ki remplit le bas du ventre et de là circule et remplit les membres inférieurs et le reste du corps. L’important est de bien se détendre dans l’expiration. Quand on croit être détendu, il reste encore des tensions. Même chez les personnes très souples, il existe des tensions profondes bien installées » (Zen, exercices visualisés, S. Masunaga, Tredaniel).


Relâcher le Ki pendant l’expiration.

L’image que je m’en faisais jusque là me conduisait à produire un effort visant à repousser l’air expiré du centre vers l’extérieur, pour l’évacuer le mieux possible.

Mais, en fait subitement, au cours de ma pratique, cette image toute personnelle s’est transformée. Il s’agit de se relâcher complètement dans l’expiration. Je « comprends » alors qu’il n’y a pas d’action spéciale à accomplir sur l’air, comme le pousser vers le dehors par exemple.

Il ne s’agit pas de porter attention à l’air qui est expulsé, mais au relâchement du corps pendant l’expulsion de l’air. Nuance qui pour moi a changé instantanément mon approche des Makkho-Ho.

 

Puis le Ki remplit le corps depuis le fond du ventre.

Son mouvement est perceptible le long de « lignes de force » qui varient d’un Makkho-Ho à l’autre, donc spécifiques du Méridien étiré dans chaque exercice.

 

J’ai remarqué qu’un effet d’ancrage, de légèreté générale et de tonus s’ensuit après une séance complète correctement exécutée.

Correctement.

Nous venons de voir déjà deux conditions à réunir pour obtenir cet effet : Relâcher le Ki pendant l’expiration et laisser le Ki remplir le corps depuis le fond du ventre.

Autres conditions qui sont autant de thèmes d’étude et de pratique :

-          mobiliser le hara

-          pratiquer sans l’intervention de la force musculaire et sans forcer sur les structures articulaires

-          percevoir le mouvement et son action dans la globalité du corps…

 

L’interprétation que chacun se fait d’une consigne (relâcher le Ki, par exemple) va induire une pratique qui lui est propre. Et réciproquement, sa pratique va dans le temps faire évoluer ses interprétations.

Une chose importante dans la pratique est donc de devenir conscient pour soi-même de ses propres modalités d’interprétation de l’enseignement reçu pour éventuellement faire évoluer sa pratique.

Cette conscience des filtres à travers lesquels nous apprenons permet de créer une pratique, d’éviter l’installation d’une routine.

Quelle différence entre routine et pratique ? Dans la routine, la personne s’attend à recevoir des résultats du seul fait d’exécuter tel ou tel mouvement. Quels que soient le degré et la qualité de présence avec lesquels elle vit son entrainement.

Or avec un peu d'entrainement, il est aisé de constater que le mouvement ne peut pas grand chose par lui-même et aussi que ses effets sont variables d'une personne à l'autre du fait même de leur état personnel et de l'interprétation que chacune d'elle fait de l'enseignement suivi.

Un peu comme en musique. Il y a les notes de la partition écrite par le compositeur .. et il y a l'interprète, les interprètes qui tiennent un rôle très important pour rendre l'oeuvre vivante et lui faire exprimer toutes ses qualités.


Muret, Juin 2010

Retour articles et videos : cliquez ici